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23/10/2013

Kanshu SUNADOMARI

avec O SENSEÏ

 

Kanshu SUNADOMARI naquit en 1923 sur l'île de Kyushu, au sud du Japon, dans la préfecture de Kagoshima.


Son père, très croyant, est devenu membre de l'Omoto. Son frère aîné, Kanemoto SUNADOMARI, étudia auprès de Maître UESHIBA dans les années 30 et a écrit une biographie de Morihei Ueshiba Senseï ("Aïkido Morihei Ueshiba Kaiso" par Kanemoto Sunadomari, Kodansha Publishing Co., 1969).


Sa sœur pratiqua également l’Aïkido et fut proche de O SENSEÏ. Fukiko était une confidente d'O Senseï et "Fujin Bucho" (directeur de la section des femmes) de l'Aïkikaï durant les années 1950 et 60.


Dès qu'il fut présenté au fondateur de l’Aïkido, il voulut immédiatement s'inscrire à ses cours.

En 1942, il devint Uchi-Deshi auprès de Morihei Ueshiba. Il y avait très peu d'Uchi-Deshi à cette période, car tous étaient mobilisés par la guerre.


O SENSEÏ enseignait à l'École de la police militaire situé à Nakano à Tokyo une ou deux fois par semaine et Kanshu SUNADOMARI l'accompagnait. En 1943, il entra à l'armée et ne s'entraînait plus très souvent. Après la guerre, il reprit la pratique à Tokyo.


Il ouvrit son "Manseikan Dojo" à Kumamoto en 1954, après être retourné à Tokyo pour obtenir la permission de Morihei Ueshiba  et également de Kisshomaru Senseï pour ouvrir un dojo.

En 1961, à seulement 38 ans, il reçut le grade de 9ème Dan .

Après la mort de Morihei UESHIBA, en 1969, Kanshu SUNADOMARI se sépara de l’Aïkikaï Hombu Dojo.

Il fonda son propre style plus dirigé vers le coté spirituel, dans son île natale de Kyushu.


La technique douce et puissante de Maître SUNADOMARI se caractérise  par l’importance du principe de Kokyu Ryoku.

Kanshu SUNADOMARI s'éteignit le 13 novembre 2010, à l'âge de 87 ans.



Dans le Manseikan, il enseigna les techniques qui mettaient l'accent sur l'esprit du fondateur, Morihei Ueshiba.

Sunadomari Senseï répétait souvent que si cet aspect spirituel n'existait pas, l’Aïkido deviendrait simplement une forme de Jujitsu.



quelques extraits des interviews:


 "" "Takemusu" est la base de la création de toutes choses, selon O Senseï.


 La base est le pouvoir kokyû. Il n'y a rien d'autre. Lorsque vous développez la puissance kokyû, d'innombrables techniques émergent. C'est Takemusu.


Il n'est pas possible d'être indépendant, de faire un avec votre partenaire ou d'éliminer les mauvais sentiments quand vous considérez l'adversaire comme un ennemi.

Afin de ne faire qu'un avec votre adversaire et un avec l'univers, l'état où vous arrêtez d'avoir des ennemis doit être exprimé en techniques par le corps.


Takemusu est né pour la première fois parce que votre partenaire et vous existez. Par vous et votre partenaire, des techniques infinies émergent.


 Si vous avez le sentiment de détruire votre adversaire, il n'y a absolument aucun moyen que de telles techniques puissent émerger.
Ce n'est possible que si vous devenez un avec votre partenaire. Ceci est important. Vous ne pouvez pas dire qu'il s'agit d'Aïkido si vous vous attachez à une seule forme. Vous devez rechercher la base de la création de techniques.
 
En outre, vous ne devriez pas avoir un attachement égoïste où vous essayez de vaincre votre adversaire. La puissance KOKYU ne peut émerger sans un esprit pur.""

 


Kanshu Sunadomari - Aïkido Friendship Demonstration 1985.

Sa démonstration ne passa pas inaperçue !

 


Kanshu Sunadomari - Aïkido Friendship Demonstration 1985. Partie2

 




 

vidéo plus récente


 

 

liens d'interviews de Sunadomari Senseï par aïkidojournal (en anglais) utilisés :


http://www.aikidojournal.com/article?articleID=468&hi...


 

http://www.aikidojournal.com/article?articleID=465&hi...


 

http://www.aikidojournal.com/article?articleID=665



21/10/2013

SAOTOME MITSUGI

 

 

 

 

Mitsugi Saotome est né en 1937.

Il commença l’Aïkido en 1955 avec  MORIHEI UESHIBA et étudia avec lui jusqu'à la mort du fondateur en 1969.

Il fut Uchi Deshi à la même époque que Tamura Senseï, Yamada Senseï, Sugano Senseï, Chiba Senseï...

Il enseigna à l'Hombu Dojo jusqu'en 1975 et partit aux États-Unis afin de développer l’Aïkido dans cette région du monde. Il crée l'Aïkikaï de Washington D.C. puis l’Aïkido Schools of Ueshiba.

 

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S.SUGANO, K.CHIBA, M.SAOTOME, DOSHU ET O SENSEÏ

 




Il a ouvert récemment un nouveau dojo Aïkido Shrine Dojo, en Floride, à Myakka City, près de Sarasota.

Saotome Senseï a construit ce lieu comme un endroit où les étudiants avancés peuvent étudier la vision la plus élevée selon les idéaux du fondateur. Ce lieu n'est pas ouvert au public.



Chaque année, depuis 1991, Saotome Senseï dirigeait un stage international d'une semaine au Vigan, dans le Gard. Depuis quelques années, il y est remplacé par Ikeda Senseï, proche de Saotome Senseï.

 

Dans une interview avec Aikikaï Serbe, Maître Saotome a rappelé que, comme lui, tous les Uchi-Deshi ont des souvenirs intéressants de cette période en communion avec O Senseï.

Lorsqu'ils mourront, beaucoup de choses seront perdues.

"Ne vous occupez pas des différences d'organisations ! Ce qui est important, c'est notre expérience en tant que uchi deshi."

 

A lire absolument :

une autre interview pour Aïkido journal par Stanley Pranin sur ce lien



deuxième partie de l'interview ici

 

18/10/2013

SEIGO YAMAGUCHI

 

 

 Seigo Yamaguchi naquit le 13 avril 1924 au sud du Japon.


Incorporé dans l'armée à 19 ans, il arrêta les études et se retrouva dans un escadron kamikaze aux commandes d'une mini torpille sous-marine afin de couler les vaisseaux américains dans le Pacifique. La fin de la guerre lui sauva la vie.

Il fut un élève de Yukikazu SAKURAWAZA, le fondateur de la macrobiotique moderne.


En 1951, il rencontra pour la première fois Maître UESHIBA et décida de devenir uchi-deschi.

Il étudia 18 ans avec le fondateur de l’Aïkido et devient avec le temps l'un des plus fameux instructeurs à l’Aïkikaï Hombu Dojo .

Il fut le professeur de nombreux hauts gradés dont Mitsugi SAOTOME, Seishiro ENDO, Yoshinobu TAKEDA, Takeshi YAMASHIMA , Masatochi YASUNO, Mitsuru SOBUE ainsi que Christian TISSIER , Frank NOËL , Bernard PALMIER ....

Très tôt, il se rendit en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, en France particulièrement où, de 1977 à 1995, il dirigea des stages régulièrement.


Seigo YAMAGUCHI s'éteignit le 24 janvier 1996, à l’âge de 71 ans.

 

Meiji University 1990

 

 

STAGE A PARIS 1987


 

 

AVEC  COMME UKE C.Tissier, S.Seki. G.Sachs e M.Yasuno


 

 

 BIOGRAPHIE DE YAMAGUCHI SENSEÏ par STANLEY PRANIN ( en anglais)


 

 

17/10/2013

CONTES ET RECITS DES ARTS MARTIAUX (Albin Michel 1981) #4

 

INFAILLIBLE CONCENTRATION



Sen no Rikyu demeure dans la mémoire des Japonais le plus illustre Maître de Cha no yu, le rituel du thé.

Il était au service de Hideyoshi, le kampaku qui gouvernait le pays de l'époque.


Un jour, alors que le Maître Rikyu officiait au cours d'une cérémonie du thé, Hideyoshi fit remarquer à ses généraux : "Regardez bien Rikyu préparer le thé et vous constaterez que son corps est rempli de Ki, que ses gestes précis et mesurés sont comme ceux d'un grand guerrier, ils n'offrent aucune ouverture.S a concentration est sans faille."


Une idée traversa Kato Kiyomasa, fameux général : pour vérifier si ce que disait le kampaku était aussi exact qu'il voulait le faire croire, il décida de toucher l'officiant avec son éventail dès qu'une ouverture se présenterait.

Pris au jeu,il se mit à observer attentivement Sen no Rikyu qui se trouvait juste à côté de lui. Au bout de quelques minutes, croyant percevoir une faille, le général allait pointer son éventail.

A cet instant précis, le Maître de thé le regarda droit dans les yeux, en lui souriant.
Kiyomasa en eut le souffle coupé. Son éventail lui en tomba des mains.

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16/10/2013

Illusion ou réalité ?

l_262f9820-1b11-11e2-a7fe-09695e700007.jpgdelprete_geheimnis.jpgdelprete_dragonslayer.jpgvoir les liens

en bas de la page,pour plus de  visions et de compré-hensions.

 

 

  Parfois notre cerveau nous joue des tours. La réalité n'est pas toujours ce que l'on perçoit du premier coup d’œil ! Alors prudence dans nos jugements hâtifs !

Exemples /

Pouvez-vous dire à haute voix et rapidement la couleur des mots ci-dessous ?
Bleu
Rouge
Vert
Jaune
Rouge
Jaune
Vert
Bleu
Jaune
Rouge
Rouge
Bleu
Jaune
Rouge
Vert

 

Comptez rapidement le nombre de 'F' dans le texte suivant :

FINISHED FILES ARE THE RE-
SULT OF YEARS OF SCIENTIF-
IC STUDY COMBINED WITH THE
EXPERIENCE OF YEARS

 

(réponse en bas de page)

 

PLUS SIMPLE, IL SUFFIT DE REGARDER... plus profondément...

 

11 Waterfall.jpg7 Relativity.jpgdelprete_column.jpg6 Up & Down.jpg

 

 

 

 

 

 

 

delprete_dolphins.jpgdelprete_rose.jpgdeva flower face girl Octavio Ocampo by RasMarley Flickr 8124657628_67b05f498c.jpgdeva flower Ectasy of the Lillies by Octavio Ocampo RasMarley Flickr 8124684046_f8521bd5e9.jpg

 

 

 

 

 

 

 

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réponse du test :  6

 

illusions 3d sur ce lien

 

illusions photos sur celui- ci

 

Stéréogrammes

bien respecter les consignes pour voir le non vu

 

tests amusants qui piègent le cerveau

( les deux premiers en viennent)

 

 

 

 

12:03 Publié dans Blog, liens | Lien permanent |  Imprimer |  Facebook |

15/10/2013

Yamada Senseï interview de Léo Tamaki

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Depuis plusieurs années, je regarde souvent le blog de Léo Tamaki "Budo no Nayami". Il y a toujours des articles intéressants, aussi, je vous le conseille.

Il y a quelque temps, j'ai lu l'interview qu'il avait faite de Yamada Senseï ; j'ai ainsi appris que son oncle était  Tadashi Abe, un des premiers uchi deshi à venir en France à la demande d'O SENSEÏ.

Mais ceci n'est rien quant aux réponses parfois surprenantes de ce Maître.

Aussi je vous renvoie sur le lien de l'article afin que vous le lisiez.

10/10/2013

Bonsaï

D'après " BONSAI, l'Art du vivant " de J. Carlos de la Concha Macias


D'origine chinoise, le bonsaï a été travaillé au Japon à partir du XII siècle.


Les principes esthétiques de l'art du bonsaï se basent sur l'équilibre, la symétrie, les mesures et la règle du triangle scalène.


Le but de l'art du bonsaï est d'obtenir la réduction d'un arbre mais en conservant le même aspect naturel et les mêmes proportions, ceci grâce à des techniques pour les réduire, leur donner une forme et les nourrir.

Étroitement liée au bouddhiste zen, cette pratique de l'art du bonsaï cultive en nous des vertus comme la patience, l'humilité, la discipline, l'observation, la méditation, l'étude, le respect de la nature et le respect de soi-même.


Le bonsaï ne cherche pas le mimétisme avec la nature, mais l’évocation en miniature de la puissance de l’arbre.


Le plus vieux bonsaï connu serait un Pinus parviflora, datant de l'an 1500, et toujours visible au Takagi Bonsaï Museum de Tokyo.


Les styles sont différents selon la forme du tronc (droit, avec quelques courbes, incliné comme penché par le vent, en cascade, les racines exposées au-dessus de la terre, planté dans la roche, tronc multiples en forêt...)

 cliquer sur l'image pour agrandir

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09/10/2013

haiku

le haiku

"Il s'agit d'un petit poème extrêmement bref visant à dire l'évanescence des choses. C'est une forme poétique très codifiée d'origine japonaise, composée de trois vers." wikipédia

Un superbe cerf-volant
S'est envolé
De la hutte du mendiant.
Issa

 


Une fleur tombée
Remonte à sa branche
Non, c'est un papillon !
Moritake

 


Le voleur
M'a tout emporté, sauf
La lune qui était à ma fenêtre.
Ryokan

 

Le serpent s'esquiva
Mais le regard qu'il me lança
Resta dans l'herbe
Kyoshi

 

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08/10/2013

IAIDO Le Tranchant du Sabre Pierre Delorme

Né en 1947, Pierre Delorme après avoir pratiqué l’Aïkido, pratiqua le KENDO et étudia la Voie du Sabre auprès d'un très grand Maître  Okada Morihiro Sensei.

Ce livre, édité en 1982, est un précieux recueil pour les pratiquants non seulement de IAI mais des budo en général.

Les  actions principales sont :

NUKI TSUKE ou l'action de dégainer .

SEME la menace

FURIKABUTE  l'action d'armer le sabre.

KIRI TSUKE l'action de couper.

CHIBURI l'action d'égoutter le sang .

NOTO TSUKE l'action de rengainer.


Dans cet ouvrage, il détaille chaque phase en donnant des conseils, en notant des observations et les défauts courants.

 

Autre point important : ZANSHIN la vigilance.

C'est une notion fondamentale de tous les arts martiaux. Ici, aiguisée par le tranchant du katana.

Le regard, autre notion importante, fait vivre le kata : on l'appelle  METSUKE.

Le chemin du sabre, le tranchant toujours à l'extérieur de soi, ainsi que la respiration complètent le tableau pour avancer sur cette  voie.

 

"Le Iaï-Jutsu est l'art de dégainer et couper d'un seul geste"

"Le Ken-Jutsu est l'art de manier le sabre lorsqu'il est déjà retiré du fourreau."

Le Iaïdo  est l'aboutissement des techniques du Iai Jutsu utilisées pour parvenir à l'éveil spirituel. Les techniques sont transcendées afin de libérer l'homme et de lui faire percevoir l'absolu de toute chose.

 

un lien beaucoup plus précis

 

 

 

Nakayama Hakudo Senseï fondateur du Muso Shinden Ryu



 

 

 

Une vidéo de la Nuit des Arts Martiaux Traditionnels 2010 avec Philippe Cocconi, 5°dan aikido 4°dan Iaido,présentant Toho Iai de Nishio Sensei


 

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07:55 Publié dans Blog, liens, Livre | Lien permanent |  Imprimer |  Facebook |

04/10/2013

Vue Juste,Vues Erronées.par Sogyal Rinpoché

 

suite de l'histoire du 30/09 ou plutôt explication

 

Pour expliquer un peu plus et aller au-delà des apparences, je vous conseille de lire cette article écrit par Sogyal Rinpoché, un maître bouddhiste tibétain de la tradition nyingmapa .

 

par sogyal rinpoché

Pourquoi nous attachons-nous à nos présomptions et à nos croyances au point de passer à côté de la vérité et de demeurer dans l'ignorance de la réalité, comme ce père dans l'histoire du Bouddha ?

Dans les enseignements bouddhistes, il est dit : " Une seule base, deux chemins. "

Cela signifie que, bien que la "base" de notre nature originelle soit la même que celle des bouddhas, ceux-ci reconnaissent leur nature fondamentale, atteignent l'éveil et suivent un chemin ; quant à nous, ne la reconnaissant pas, nous tombons dans la confusion et prenons un autre chemin. Dans notre échec à reconnaître notre nature originelle, dans le désert de cette inconscience, nous inventons et construisons de toutes pièces une réalité sur mesure. A partir d'une vue erronée, nous bâtissons une vue personnelle qui façonne toute notre vie et colore toutes nos perceptions. Selon le Bouddha, les vues erronées sont les pires des actions néfastes du corps, de la parole et de l'esprit, et elles en sont aussi la source. Elles nous tiennent enfermés perpétuellement dans le cycle de la souffrance qu'on appelle samsara.

Dans son tout premier enseignement, le Bouddha a révélé que la cause fondamentale de la souffrance est l'ignorance. Mais cette ignorance, quelle est-elle exactement ? Et comment se manifeste-t-elle ? Prenons un exemple dans notre vie quotidienne.  Pensez à ces personnes dotées d'une intelligence particulièrement brillante - nous en connaissons tous. N'est-il pas surprenant de constater qu'au lieu de les aider, comme on pourrait s'y attendre, cette intelligence semble les faire souffrir davantage ? En fait, c'est un peu comme si cette brillante intelligence était la cause directe de leur souffrance.

Ce qui se produit est très clair : cette intelligence qui est la nôtre est sous l'emprise de l'ignorance qui la retient en otage et l'utilise en toute liberté à ses propres fins. C'est ainsi que nous pouvons être extraordinairement intelligents et, en même temps, avoir cependant complètement tort. C'est ainsi que nous pouvons, avec une certitude absolue, tenir pour vrai quelque chose de faux, et traverser de ce fait les souffrances les plus effroyables sans même nous en rendre compte. L'un des aspects les plus déchirants de notre vie est certainement notre incapacité à reconnaître la cause de notre souffrance. N'est-il pas curieux de voir l'ignorance à l'œuvre ? Mais ce manque de conscience claire n'est autre que l'ignorance, justement - marigpa, en tibétain.

La pire des erreurs est de croire que l'ignorance est apathique et stupide, passive et dépourvue d'intelligence. Au contraire, elle est astucieuse et rusée, variée et ingénieuse dans les jeux de la tromperie. C'est dans nos vues erronées et nos ardentes convictions que nous trouvons, comme l'a dit le Bouddha, l'une de ses plus profondes et dangereuses manifestations :

" Qu'avez-vous à craindre de l'éléphant sauvage,
Qui ne peut que blesser votre corps, ici et maintenant,
Quand l'influence des gens mal avisés et des vues erronées
Non seulement détruit le mérite que vous avez accumulé dans le passé,
Mais bloque également le chemin de votre libération dans l'avenir ? "

La plupart du temps, nous utilisons notre intelligence pour nous conforter dans nos vues erronées et échafauder un système de défense soigneusement gardé, un système inexpugnable. Lorsque des doutes s'élèvent, nous trouvons partout des alliés pour les renforcer. Nous érigeons au-dessus de nous une "coupole de doute" protectrice qui doit être parfaitement étanche afin qu'aucune brèche ne laisse la compréhension s'infiltrer.

Les vues erronées et les fausses convictions peuvent être les plus dévastatrices de nos illusions. Adolf Hitler et Pol Pot étaient sans doute, eux aussi, convaincus qu'ils avaient raison ! Chacun d'entre nous possède, comme eux, cette tendance dangereuse à se forger des convictions, à y croire sans les remettre en question et à agir en leur nom, attirant ainsi la souffrance non seulement sur nous-mêmes, mais aussi sur ceux qui nous entourent.

Le cœur de l'enseignement du Bouddha consiste, au contraire, à voir "l'état réel des choses" : on appelle cela la Vue juste. La Vue juste est une vue qui embrasse tout, car le rôle des enseignements spirituels est d'offrir une vision complète de la nature de l'esprit et de la réalité. Il est dit que les enseignements produisent deux effets : premièrement éliminer l'ego et deuxièmement, développer la sagesse du discernement, la connaissance de ce qui est juste et adéquat. C'est pourquoi il est absolument indispensable d'acquérir une solide compréhension des notions de base des enseignements. Cela seul apportera un souffle de bon sens et de sagesse dans notre confusion, et parviendra à dissiper la souffrance causée par les vues erronées.

Bien entendu chacun est différent : certains ont besoin de plus de temps que d'autres pour entendre véritablement l'enseignement, pour que quelque chose se produise au plus profond de leur cœur et de leur esprit. Mais, lorsque cela se produit, vous faîtes vraiment l'expérience d'une Vue. Alors, quelles que soient les difficultés que vous ayez à affronter, vous y ferez face avec sérénité, stabilité et compréhension,  et vous découvrirez en vous un mécanisme interne à l'œuvre - un "transformateur intérieur" pour ainsi dire - qui vous protègera des vues erronées dont vous pourriez être la proie. Dans cette vue, vous aurez découvert le "guide de sagesse" qui est en vous, toujours prêt à vous conseiller, à vous soutenir et à vous rappeler la vérité. La confusion s'élèvera toujours, ce qui est bien normal, mais vous constaterez une différence capitale : vous ne vous y attacherez plus aveuglément et de façon obsessionnelle, vous la regarderez avec humour, perspective et compassion.

Examinons maintenant les vues erronées de manière plus approfondie. En fait, beaucoup de gens ne possèdent pas cette base solide dans les enseignements, sans laquelle nous pouvons aisément nous laisser persuader de presque n'importe quoi. Une fois convaincu de la véracité d'une chose fausse, nous ne cessons d'alimenter nuit et jour nos convictions erronées de doutes, de déformations et d'idées fausses, pour nous prouver sans arrêt que nous avons raison. Chaque fois que nous ne comprenons pas quelque chose, ou que nous sommes dans un état d'esprit négatif, nous tentons de trouver des raisons pour justifier notre confusion et notre négativité. Comme un avocat qui a perdu la raison, nous ressassons de façon obsessionnelle nos arguments pour faire pencher la balance en notre faveur, en supprimant toute autre explication...  et surtout la vérité.

Bientôt nous ne fréquentons plus que les gens qui alimentent nos convictions erronées. Car bien que nous paraissions ouverts, nous ne pouvons pas nous permettre de prendre le risque d'être exposés à d'autres points de vue, et de toute façon, notre fierté nous empêcherait d'admettre que nous puissions être dans l'erreur. Notre mémoire devient sélective, ne choisissant parmi les souvenirs que la tristesse, la douleur et la confusion, et effaçant tout ce qui serait enrichissant ou constructif, ou qui pourrait nous conduire au bonheur ou à la vérité.

A ce stade, nos vues et nos convictions erronées ont acquis un pouvoir et une énergie propres, et nous avons perdu la capacité de reconnaître la vérité, même si elle nous regarde dans les yeux ou si elle frappe à notre porte. Nous sommes enfermés dans un cycle sans fin d'autodestruction, rejetant et détruisant systématiquement tout ce qui est positif ou présente un réel intérêt, car cela compromettrait le fragile édifice bâti par l'ignorance et l'ego. Combien d'entre nous tournent ainsi le dos toute leur vie aux occasions les plus précieuses qui peuvent se présenter au cours d'une existence, niant tout ce qui est bon et utile et préférant tout ce qui est destructeur et néfaste, et attirant ainsi la souffrance comme un aimant ? Enfermés dans la prison que nous avons nous-mêmes créée, nous ne pouvons que nous plaindre de notre impuissance et de l'abandon où nous sommes, rejetant le blâme sur les circonstances, la vie ou les autres.

Pourquoi les choses se passent-elles ainsi ? La question est très complexe et les raisons nombreuses. Bien sûr, cela peut être le souvenir lointain d'une expérience traumatisante de notre enfance, à demi enfouie, qui émerge soudain, se mêle et se confond avec la réalité présente. Ou bien, sans raison apparente, nous nous trouvons abruptement aux prises avec une crise psychologique apparemment dénuée de toute logique. Il arrive aussi que découvrant la vérité sur nous-mêmes, soudainement reflétée par le maître ou les enseignements, il nous est tout simplement trop difficile de l'affronter, trop terrifiant de la reconnaître, trop douloureux de l'accepter comme étant notre propre réalité. Cette vérité, nous la nions, nous la rejetons dans une tentative absurde et désespérée de nous défendre de nous-mêmes, de nous défendre de la vérité de ce que nous sommes vraiment. Lorsque ces révélations sur nous-mêmes sont trop fortes ou trop difficiles à accepter, par arrogance et vanité, nous refusons de les reconnaître et les projetons sur le monde qui nous entoure - de préférence ceux qui nous soutiennent et nous aiment le plus : le maître, les enseignements, nos parents ou notre meilleur ami.

Comment parvenir à enfoncer le solide bouclier qui constitue ce système de défense ? La meilleure solution est de reconnaître par nous-mêmes que nous nous laissons abuser par nos propres illusions. J'ai constaté comment, pour de nombreuses personnes,  un aperçu de la vérité, de la vue juste, peut faire s'effondrer instantanément l'incroyable édifice des vues erronées fabriquées par l'ignorance.

Cela est cependant très, très difficile. Plus nous nous réfugions à l'abri de nos vues erronées, moins nous laissons de chance à une transformation de se produire. Nous sommes parfois tellement bloqués dans nos petits mondes personnels de souffrance émotionnelle et psychologique que, même si nous nous tournons vers la spiritualité ou la thérapie, celles-ci, au lieu de nous apporter la liberté et la purification, se trouvent neutralisées, embrigadées par l'ignorance et finissent par devenir des armes que nous retournons contre nous. Si nous admettons qu'elles sont "utiles", ce n'est que dans la mesure où elles nous "aident" à reproduire et à prolonger les scénarios de nos illusions. Mais elles ne peuvent véritablement nous aider que si nous reconnaissons ou admettons que nous faisons fausse route.

En suivant les enseignements et en pratiquant, nous allons inévitablement découvrir certaines évidences qui nous concernent : les pièges où nous tombons toujours ; nos stratégies et nos scénarios habituels, héritage de notre karma négatif, qui se répètent et se renforcent indéfiniment ; nos façons si personnelles de voir les choses, ces explications éculées, rebattues et tout à fait erronées sur nous-mêmes et le monde, que nous tenons pour authentiques et qui, de ce fait, déforment notre vision de la réalité. Si nous persévérons sur le chemin spirituel et que nous nous observons avec honnêteté, peu à peu va se faire jour en nous le fait que toutes nos perceptions ne sont qu'un tissu d'illusions. Le simple fait de reconnaître notre confusion, même si nous sommes incapables de l'accepter complètement, peut apporter une lueur de compréhension et déclencher en nous un processus nouveau, un processus de guérison.

Notre esprit peut être merveilleux, mais il peut être aussi notre pire ennemi. Il nous cause tant de problèmes. Parfois, j'aimerais que l'esprit soit comme un dentier qu'on pourrait ôter et poser la nuit sur sa table de chevet. Cela nous permettrait au moins de nous reposer de ses mauvais tours. Mais voilà, nous sommes tellement à la merci de notre esprit, que même si les enseignements touchent en nous une corde sensible et nous émeuvent au-delà de toute expérience, nous refusons d'aller de l'avant, retenus par quelque inexplicable attitude soupçonneuse, profondément enracinée. A un moment donné, il nous faut pourtant mettre un terme à ce manque de confiance. Il nous faut abandonner doutes et soupçons qui sont censés nous protéger, mais qui sont totalement inefficaces et finissent par nous apporter davantage de souffrance, cette souffrance dont ils étaient supposés nous défendre.

Lorsque nous nous sentons dans un état d'esprit négatif, il est bien plus naturel de douter que de croire. D'un point de vue bouddhiste, le doute est le signe d'un manque de compréhension et d'éducation spirituelle ; mais le doute est aussi considéré comme un catalyseur dans le processus de maturation de la foi. C'est lorsque nous faisons face au doute et aux difficultés que nous découvrons si notre foi est une foi simpliste, pieuse et conceptuelle, ou si elle est forte, stable et ancrée dans une profonde compréhension du cœur. Si vous avez la foi, tôt ou tard, elle sera mise à l'épreuve ; mais quel que soit le défi, qu'il vienne de vous ou de l'extérieur, il fait simplement partie du processus de la foi et du doute.

Imaginez que vous ne vous soyez jamais lavé de votre vie et que vous décidiez un beau jour de prendre une douche. Vous commencez par bien vous frotter et vous voyez avec horreur la saleté sortir par tous les pores de votre peau et couler sur tout votre corps. Quelque chose ne va pas ! Vous étiez censé devenir propre, mais tout ce que vous voyez, c'est la crasse ! Vous paniquez et sortez précipitamment de la douche, convaincu que vous n'auriez jamais dû y entrer. Mais tout ce que vous aurez obtenu, c'est d'être encore plus sale qu'avant. Vous ne pouvez pas savoir que le plus sage est de s'armer de patience et de terminer sa douche. Pendant un moment, vous aurez l'impression de devenir encore plus sale, mais si vous continuez à vous laver, vous allez en ressortir frais et propre. C'est tout un processus qui est en jeu, le processus de purification.

De la même façon, lorsque de menus obstacles se manifestent sur la voie spirituelle, un bon pratiquant ne perd pas la foi et ne se met pas à douter, car il possède le discernement qui permet de reconnaître toutes les difficultés pour ce qu'elles sont, c'est à dire de simples obstacles, rien de plus. Il est dans la nature des choses qu'un obstacle, une fois reconnu pour ce qu'il est, cesse par là d'en être un. Mais si on ne reconnaît pas un obstacle tel qu'il est, on le prend au sérieux, ce qui lui donne force et solidité, et en fait ainsi un blocage réel.

Quel que soit le doute qui s'élève, regardez-le simplement comme un obstacle, reconnaissez en lui la manifestation d'une compréhension qui a besoin d'être clarifiée et débloquée : sachez qu'il ne s'agit pas là d'un problème fondamental, mais simplement d'une étape dans le processus de purification et d'apprentissage. Laissez le processus se poursuivre et parvenir à son terme sans jamais perdre confiance ni détermination. Telle est la voie suivie par les grands pratiquants du passé, qui avaient l'habitude de dire : "Il n'est pas de meilleure armure que la persévérance."

Les enseignements nous apprennent ce qu'il nous faut réaliser, mais nous devons aussi suivre notre propre cheminement afin de parvenir à une réalisation qui nous soit personnelle. Ce cheminement peut nous faire traverser toutes sortes de souffrances, de difficultés et de doutes, qui vont devenir nos plus grands maîtres. Ainsi allons-nous apprendre l'humilité nécessaire pour reconnaître nos limites ; ainsi allons-nous découvrir la force intérieure et le courage dont nous avons besoin pour renoncer à nos vieilles habitudes et à nos idées préconçues, et nous ouvrir à la vision plus vaste de la véritable liberté que nous offrent les enseignements spirituels.

Il nous faut donc constamment apprécier à sa juste valeur l'œuvre subtile de l'enseignement et de la pratique, et persévérer calmement et patiemment, même si aucun changement extraordinaire ou spectaculaire ne se produit. L'important, c'est de manifester à l'égard de soi-même habileté et douceur, ne pas se laisser aller au découragement, ne pas renoncer, mais faire confiance à la voie spirituelle, tout en sachant qu'elle possède ses lois et sa dynamique propres.

Plus que tout, il nous faut nourrir notre vrai soi -ce que nous pourrions appeler notre nature de bouddha : en effet, nous commettons bien souvent l'erreur fatale de nous identifier à notre confusion, et de l'utiliser ensuite pour nous juger, nous condamner, et alimenter ainsi ce manque d'amour de soi dont tant d'entre nous souffrent de nos jours. Il est essentiel de résister à la tentation de porter un jugement sur nous-mêmes et sur les enseignements ; nous devons plutôt percevoir notre situation avec humour et réaliser qu'en ce moment, c'est un peu comme si de nombreuses personnes cohabitaient en nous. Et il est encourageant de constater que si en un sens, nous avons tous apporter nos énormes problèmes sur la voie spirituelle, ce sont peut-être eux en fait qui nous ont conduits à découvrir les enseignements  et d'un autre point de vue, ces problèmes ne sont finalement pas aussi réels, solides et insurmontables que nous le croyions.

Pour continuer d'avancer sur la voie spirituelle, il nous faut relever de nombreux défis et nous avons beaucoup à apprendre. Nous devons découvrir comment déjouer les obstacles et les difficultés ; comment traiter les doutes et démasquer les vues erronées ; comment trouver l'inspiration quand nous nous y sentons le moins disposés ; comment nous comprendre à travers nos états d'âme ; comment travailler véritablement avec les enseignements et les pratiques et les intégrer dans notre vie quotidienne ; comment susciter la compassion et la mettre en pratique ; et comment transformer notre souffrance et nos émotions.

Sur la voie spirituelle, nous avons tous besoin du soutien et des bonnes fondations que donne la connaissance véritable des enseignements, et l'on ne saurait trop insister sur ce point. En effet, plus nous étudierons et pratiquerons, plus le discernement, la clarté et une vision profonde s'exprimeront en nous. Alors, quand la vérité viendra frapper à notre porte, nous la reconnaîtrons avec certitude et nous lui ouvrirons avec joie, car nous aurons deviné qu'elle pourrait bien être... la vérité de ce que nous sommes vraiment.

Tiré de "The Future of Buddhism" de Sogyal Rinpoché, avec l'aimable autorisation de Rider Books, Ebury press ; édition française : "L'Avenir du Bouddhisme", éditions de la Table Ronde, Paris 2003.

 

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