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30/11/2013

CONTES ET RECITS DES ARTS MARTIAUX (Albin Michel 1981) #7

 

La loi de l'équilibre

 

Ayant l'occasion de séjourner au japon,au début du siècle, un Européen avait décidé d'y apprendre le Jiu-Jutsu qui lui paraissait être une méthode de combat redoutable.

Il commença donc à suivre les cours d'un Maître renommé.

Mais quelle ne fut pas sa surprise quand, au bout de la troisième séance, il n'avait toujours appris aucune technique de combat ! Il s'était seulement exercé à des mouvements très lents, en décontraction. A la fin de la séance, il décida d'aller trouver le Maître.

"Monsieur, depuis que je suis ici, je n'ai rien fait qui ressemble à des exercices de lutte.

- Asseyez-vous,je vous prie ", déclara le Maître.

L'Européen s'installa négligemment sur le tatami et le Maître s'assit en face de lui.

"Quand commencerez-vous à m'enseigner le Jiu-Jutsu ?"

Le Maître sourit et demanda :

- " Êtes-vous bien assis? "

- " Je ne sais pas...Y a-t-il une bonne façon de s'asseoir? "

Pour toute réponse, le Maître désigna de la main la façon dont il s'était lui-même assis, le dos bien droit, la tête dans le prolongement de la colonne vertébrale.

- "Mais écoutez, reprit l'Européen, je ne suis pas venu ici pour apprendre à m'asseoir."

- " Je sais, dit patiemment le Maître, je sais, vous voulez apprendre à lutter. Mais comment pouvez-vous lutter si vous ne cherchez pas l'équilibre ? "

- " Je ne vois vraiment pas le rapport entre le fait de s'asseoir et le combat ! "

- "Si vous ne pouvez rester en équilibre quand vous êtes assis, c'est-à-dire dans l'attitude la plus simple, comment voulez-vous garder l'équilibre dans toutes les circonstances de la vie et surtout dans un combat ? "

S'approchant de son élève étranger qui restait perplexe, le Japonais le poussa légèrement.

L'Européen tomba à la renverse. Le Maître, toujours assis, lui demanda alors d'essayer de le renverser à son tour.

Poussant d'abord timidement d'une main, puis y mettant les deux, l'élève finit par s'arc-bouter vigoureusement contre le Maître, sans succès. Soudain,ce dernier se déplaça légèrement et l'autre bascula en avant, s'étalant de tout son long sur le tatami.

Esquissant un sourire, le Maître ajouta:

- " J'espère que vous commencez à comprendre l'importance de l'équilibre."

aikidoaikido

 

 

 

 

 

 

 

 

O SENSEI


21/11/2013

CONTES ET RECITS DES ARTS MARTIAUX (Albin Michel 1981) #6

Œuvre attribuée à Miyamoto Musashi

Trois Mouches.

Dans une auberge isolée, un samouraï est installé pour dîner, seul à une table. Malgré trois mouches qui tournent autour de lui, il reste d'un calme surprenant.

Trois rônin (guerriers vagabonds, sans maître) entrent à leur tour dans l'auberge. Ils remarquent aussitôt avec envie la magnifique paire de sabres que porte l'homme isolé. Sûrs de leur coup, trois contre un, ils s'assoient à une table voisine et mettent tout en œuvre pour provoquer le samouraï.

Celui-ci reste imperturbable, comme s'il n'avait pas remarqué la présence des trois rônin. Loin de se décourager, les rônin se font de plus en plus railleurs.

Tout à coup, en trois gestes rapides, le samouraï attrape les trois mouches qui tournaient autour de lui, et ce, avec les baguettes qu'il tenait à la main. Puis, calmement, il repose les baguettes, parfaitement indifférent au trouble qu'il venait de provoquer parmi les rônin.

En effet, non seulement ceux-ci s'étaient tus, mais pris de panique, ils n'avaient pas tardé à s'enfuir. Ils venaient de comprendre à temps qu'ils s'étaient attaqués à un homme d'une maîtrise redoutable. Plus tard, ils finirent par apprendre, avec effroi, que celui qui les avait si habilement découragés était le fameux Maître Miyamoto Musashi.

Musashi Miyamoto avec deux bokken (Estampe de Utagawa Kuniyoshi).

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03/11/2013

CONTES ET RECITS DES ARTS MARTIAUX (Albin Michel 1981) #6

De main de Maître


Dokyo Yetan (1641-1721), le plus illustre Maître Zen de son époque, reçut un jour la visite d'un professeur de Ken-jutsu qui lui déclara : "Depuis ma plus tendre enfance je pratique l'Art du sabre. M'étant entrainé intensivement sous la direction de plusieurs Maîtres, j'ai réussi à intégrer parfaitement le style des écoles les plus fameuses. Mais malgré tous mes efforts pour y parvenir, je n'ai pas encore atteint la suprême illumination. Pourriez-vous me donner quelques conseils sur la méthode à adopter?"

Le Maître Zen se leva, s'approcha de son visiteur et lui demanda à voix basse d'être très attentif pour ne rien perdre de ce qui allait lui être confié. L'homme se pencha alors en avant pour tendre l'oreille... qui reçut une claque magistrale de la main de Dokyo Yetan. Ce dernier enchaîna ensuite par un puissant coup de pied. Avant de comprendre ce qui lui arrivait, le professeur de sabre perdit l'équilibre et le contact du parquet lui procura, paraît-il, un Satori, un Éveil spirituel.


Il faut croire que cette expérience fut décisive pour le visiteur car il ne tarda pas à devenir un Maître réputé. Sa remarquable évolution, qui se manifestait au yeux de tous dans la pratique de son art, intrigua plus d'un guerrier. Parmi ceux qui lui demandèrent son secret, beaucoup restaient incrédules quand il leur avouait qu'il résidait dans la méthode très spéciale du moine Dokyo Yetan.

Quelques-uns décidèrent cependant d'aller vérifier eux-mêmes.Ils ne furent pas déçus du voyage,c omme en témoigne le récit qui va suivre.


Trois samouraïs de haut rang avaient invité Dokyo Yetan à prendre une tasse de thé avec eux.

Ils le questionnèrent longuement sur le Zen mais, comme le Maître répondait d'une façon très énigmatique, l'un des samouraïs, quelque peu excédé, s'aventura à dire : "Vous êtes sûrement un grand Maître de Zen et à ce sujet nous ne sommes pas de taille à lutter avec vous. Mais, si la question de la concentration nécessaire pour un combat était évoquée, je crains que vous ne puissiez nous battre."
-"A votre place,je ne serais pas si catégorique .Voyez-vous, la vie m'a plus d'une fois montré qu'il ne fallait jamais conclure avant d'expérimenter", répliqua le moine.


_"Me permettez-vous vraiment de faire un combat avec vous ?" demanda le samouraï après avoir échangé un regard ironique avec ses compagnons.


-"Bien sûr, puisque c'est le seul moyen de vérifier si ce que vous avez dit est exact."


Le guerrier se munit d'un bokken et il en tendit un au moine. Mais celui-ci refusa en précisant : "je suis un bouddhiste et je ne veux pas porter une arme, fut-elle en bois. Mon éventail fera l'affaire. Frappez  sans hésiter. Si vous me touchez, j'admettrai que vous êtes un grand expert."


Certain de marquer dès les premiers coups et craignant de blesser le vieux moine, le samouraï avait attaqué gentiment, presque au ralenti. Mais peu à peu, il accéléra son rythme car ses attaques se perdaient dans le vide.

Voyant que le sabreur commençait à s'épuiser dans ses vaines tentatives, Dokyo Yetan demanda qu'on arrête le combat et il proposa : "Que diriez-vous de m'attaquer tous les trois en même temps ? Ce serait pour moi un excellent exercice et pour vous la chance de me battre."


Piqués au vif dans leur fierté de guerriers, les samouraïs essayèrent par tous les moyens de toucher le Maître. Mais il restait insaisissable. Si ce n'était pas son éventail qui déviait l'attaque, son corps parvenait toujours à s'effacer au dernier moment. Ses trois adversaires finirent par reconnaître leur défaite.

Convaincus non par un long sermon mais par cette stupéfiante démonstration, ils entreprirent d'aller voir d'un peu plus près quelle était l'essence du Zen. Inutile de vous dire à qui ils s'adressèrent...

Sur le chemin du retour, le jeune novice qui accompagnait le Maître ne put s'empêcher de lui demander quel était son secret pour éviter si habilement des attaques de sabres.

Dokyo Yetan expliqua : "Quand la juste vision est exercée et ne connaît aucun blocage, elle pénètre tout, y compris l'Art du sabre. Les hommes ordinaires ne s'occupent que des mots. Dès qu'ils entendent un nom, ils portent un jugement et restent ainsi attachés à une ombre. Mais celui qui est capable de la vraie vision voit chaque objet dans sa propre lumière. Dès qu'il aperçoit le sabre, il comprend aussitôt comment lui faire face. Il affronte la multiplicité des choses et n'est pas confondu."

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01/11/2013

sur le bonheur.....trouvé sur le net.


Pourquoi toujours repousser à plus tard ?

Combien de fois je me suis dit cela, mais à chaque fois je me laisse prendre par les habitudes insidieuses par là même qu'elles nous confortent dans nos idées et nous éloignent de nos résolutions pourtant primordiales... et les jours passent... ce petit passage coule de vérités...

 

Le bonheur est une trajectoire et non pas une destination



On se persuade souvent soi-même que la vie sera meilleure après s'être marié,
après avoir eu un enfant et, ensuite, après en avoir eu un autre...
Plus tard, on se sent frustré,
parce que nos enfants ne sont pas encore assez grands et on pense que l'on sera mieux quand ils le seront.
On est alors convaincu que l'on sera plus heureux quand ils auront passé cette étape.
On se dit que notre vie sera complète quand les choses iront mieux pour notre conjoint,
quand on possédera une plus belle voiture ou une plus grande maison,
quand on pourra aller en vacances, quand on sera à la retraite...
La vérité est qu'il n'y a pas de meilleur moment pour être heureux, que le moment présent.
Si ce n'est pas maintenant, quand serait-ce ? La vie sera toujours pleine de défis à atteindre et de projets à terminer.
Il est préférable de l'admettre et de décider d'être heureux maintenant qu'il est encore temps.
Pendant longtemps, j'ai pensé que ma vie allait enfin commencer.
La vraie vie ! Mais il y avait toujours un obstacle sur le chemin, un problème qu'il fallait résoudre en premier,
un thème non terminé, un temps à passer, une dette a payer. Et alors, là, la vie allait commencer!...
Jusqu'à ce que je me rende compte que ces obstacles étaient justement ma vie.
Cette perspective m'a aidé à comprendre qu'il n'y a pas un chemin qui mène au bonheur.
Le bonheur est le chemin... Ainsi passe chaque moment que nous avons et, plus encore,
quand on partage ce moment avec quelqu'un de spécial, suffisamment spécial pour partager notre temps,
et que l'on se rappelle que le temps n'attend pas Alors, il faut arrêter d'attendre de terminer ses études,
d'augmenter son salaire, de se marier, d'avoir des enfants, que ses enfants partent de la maison ou, simplement,
le vendredi soir, le dimanche matin, le printemps, l'été, l'automne ou l'hiver,
pour décider qu'il n'y a pas de meilleur moment que maintenant pour être heureux.

LE BONHEUR EST UNE TRAJECTOIRE ET NON PAS UNE DESTINATION.

Il n'en faut pas beaucoup pour être heureux.
Il suffit juste d'apprécier chaque petit moment et de le sacrer comme l'un des meilleurs moments de sa vie.

trouvé sur le net.... auteur ?

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22/10/2013

CONTES ET RECITS DES ARTS MARTIAUX (Albin Michel 1981) #5

 

Le paradis et l'enfer !

 

Un samouraï se présenta devant le Maître Zen Hakuin et lui demanda : "y a-t-il réellement un paradis et un enfer ?"
- Qui es-tu ? demanda le Maître.


- Je suis un samouraï.


- Toi, un samouraï, un guerrier !, s'exclama Hakuin. Mais regarde-toi !
Quel seigneur voudrait t'avoir à son service ? Tu as l'air d'un mendiant.


La colère s'empara du samouraï. Il saisit son sabre et le dégaina.

Hakuin poursuivit :
- Ah bon, tu as même un sabre ? Mais tu es sûrement trop maladroit pour me couper la tête.


Hors de lui, le samouraï leva son sabre, prêt à frapper le Maître. A ce moment, celui-ci lui dit :
- Ici s'ouvrent les portes de l'enfer.


Surpris par la tranquille assurance du moine, le samouraï rengaina son sabre et s'inclina.

- Ici s'ouvrent les portes du paradis, lui dit alors le Maître.

 

 

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19/10/2013

Les deux grenouilles..............Histoire trouvée sur le net.. auteur?

 

 

Les deux grenouilles !

 

 

Un groupe de grenouilles voyageait à travers les bois quand deux d'entre elles tombèrent dans un trou profond.
Quand les autres grenouilles virent jusqu'à quel point le trou était profond, elles dirent aux deux grenouilles qu'elles étaient pratiquement mortes.


Les deux grenouilles ignorèrent les commentaires et essayèrent de toutes leurs forces de sauter en dehors du trou.


Les autres grenouilles continuèrent de leur dire d'arrêter et qu'elles étaient tout compte fait mortes.


Finalement, une des deux grenouilles tint compte de ce que les autres grenouilles disaient et abandonna la lutte. Elle tomba et mourut.


L'autre grenouille continua de sauter aussi fort qu'elle le pouvait.
Une fois de plus, la foule des grenouilles lui hurla d'arrêter de souffrir et de se laisser mourir.
Elle sauta encore plus fort et finalement réussit à se sortir du trou.


Quand elle y parvint, les autres grenouilles lui dirent : "Est-ce que tu nous entendais ?"

La grenouille expliqua qu'elle était sourde. Elle pensait tout le temps que les grenouilles étaient en train de l'encourager.

Cette histoire nous enseigne deux leçons :

1. La langue a un pouvoir de vie et de mort.
Un mot d'encouragement envers quelqu'un qui se sent abattu peut le relever et lui permettre de passer à travers la journée.

2. Une parole destructrice envers quelqu'un qui se sent abattu peut avoir un effet dévastateur et le tuer.

Faites attention à ce que vous dites. Parlez positivement à ceux qui croisent votre sentier.


Le pouvoir des mots... C'est parfois difficile à comprendre qu'un mot d'encouragement puisse faire autant de chemin.
Tout le monde peut dire des paroles capables d'enlever à un autre le courage de continuer dans des moments difficiles.

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17/10/2013

CONTES ET RECITS DES ARTS MARTIAUX (Albin Michel 1981) #4

 

INFAILLIBLE CONCENTRATION



Sen no Rikyu demeure dans la mémoire des Japonais le plus illustre Maître de Cha no yu, le rituel du thé.

Il était au service de Hideyoshi, le kampaku qui gouvernait le pays de l'époque.


Un jour, alors que le Maître Rikyu officiait au cours d'une cérémonie du thé, Hideyoshi fit remarquer à ses généraux : "Regardez bien Rikyu préparer le thé et vous constaterez que son corps est rempli de Ki, que ses gestes précis et mesurés sont comme ceux d'un grand guerrier, ils n'offrent aucune ouverture.S a concentration est sans faille."


Une idée traversa Kato Kiyomasa, fameux général : pour vérifier si ce que disait le kampaku était aussi exact qu'il voulait le faire croire, il décida de toucher l'officiant avec son éventail dès qu'une ouverture se présenterait.

Pris au jeu,il se mit à observer attentivement Sen no Rikyu qui se trouvait juste à côté de lui. Au bout de quelques minutes, croyant percevoir une faille, le général allait pointer son éventail.

A cet instant précis, le Maître de thé le regarda droit dans les yeux, en lui souriant.
Kiyomasa en eut le souffle coupé. Son éventail lui en tomba des mains.

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04/10/2013

Vue Juste,Vues Erronées.par Sogyal Rinpoché

 

suite de l'histoire du 30/09 ou plutôt explication

 

Pour expliquer un peu plus et aller au-delà des apparences, je vous conseille de lire cette article écrit par Sogyal Rinpoché, un maître bouddhiste tibétain de la tradition nyingmapa .

 

par sogyal rinpoché

Pourquoi nous attachons-nous à nos présomptions et à nos croyances au point de passer à côté de la vérité et de demeurer dans l'ignorance de la réalité, comme ce père dans l'histoire du Bouddha ?

Dans les enseignements bouddhistes, il est dit : " Une seule base, deux chemins. "

Cela signifie que, bien que la "base" de notre nature originelle soit la même que celle des bouddhas, ceux-ci reconnaissent leur nature fondamentale, atteignent l'éveil et suivent un chemin ; quant à nous, ne la reconnaissant pas, nous tombons dans la confusion et prenons un autre chemin. Dans notre échec à reconnaître notre nature originelle, dans le désert de cette inconscience, nous inventons et construisons de toutes pièces une réalité sur mesure. A partir d'une vue erronée, nous bâtissons une vue personnelle qui façonne toute notre vie et colore toutes nos perceptions. Selon le Bouddha, les vues erronées sont les pires des actions néfastes du corps, de la parole et de l'esprit, et elles en sont aussi la source. Elles nous tiennent enfermés perpétuellement dans le cycle de la souffrance qu'on appelle samsara.

Dans son tout premier enseignement, le Bouddha a révélé que la cause fondamentale de la souffrance est l'ignorance. Mais cette ignorance, quelle est-elle exactement ? Et comment se manifeste-t-elle ? Prenons un exemple dans notre vie quotidienne.  Pensez à ces personnes dotées d'une intelligence particulièrement brillante - nous en connaissons tous. N'est-il pas surprenant de constater qu'au lieu de les aider, comme on pourrait s'y attendre, cette intelligence semble les faire souffrir davantage ? En fait, c'est un peu comme si cette brillante intelligence était la cause directe de leur souffrance.

Ce qui se produit est très clair : cette intelligence qui est la nôtre est sous l'emprise de l'ignorance qui la retient en otage et l'utilise en toute liberté à ses propres fins. C'est ainsi que nous pouvons être extraordinairement intelligents et, en même temps, avoir cependant complètement tort. C'est ainsi que nous pouvons, avec une certitude absolue, tenir pour vrai quelque chose de faux, et traverser de ce fait les souffrances les plus effroyables sans même nous en rendre compte. L'un des aspects les plus déchirants de notre vie est certainement notre incapacité à reconnaître la cause de notre souffrance. N'est-il pas curieux de voir l'ignorance à l'œuvre ? Mais ce manque de conscience claire n'est autre que l'ignorance, justement - marigpa, en tibétain.

La pire des erreurs est de croire que l'ignorance est apathique et stupide, passive et dépourvue d'intelligence. Au contraire, elle est astucieuse et rusée, variée et ingénieuse dans les jeux de la tromperie. C'est dans nos vues erronées et nos ardentes convictions que nous trouvons, comme l'a dit le Bouddha, l'une de ses plus profondes et dangereuses manifestations :

" Qu'avez-vous à craindre de l'éléphant sauvage,
Qui ne peut que blesser votre corps, ici et maintenant,
Quand l'influence des gens mal avisés et des vues erronées
Non seulement détruit le mérite que vous avez accumulé dans le passé,
Mais bloque également le chemin de votre libération dans l'avenir ? "

La plupart du temps, nous utilisons notre intelligence pour nous conforter dans nos vues erronées et échafauder un système de défense soigneusement gardé, un système inexpugnable. Lorsque des doutes s'élèvent, nous trouvons partout des alliés pour les renforcer. Nous érigeons au-dessus de nous une "coupole de doute" protectrice qui doit être parfaitement étanche afin qu'aucune brèche ne laisse la compréhension s'infiltrer.

Les vues erronées et les fausses convictions peuvent être les plus dévastatrices de nos illusions. Adolf Hitler et Pol Pot étaient sans doute, eux aussi, convaincus qu'ils avaient raison ! Chacun d'entre nous possède, comme eux, cette tendance dangereuse à se forger des convictions, à y croire sans les remettre en question et à agir en leur nom, attirant ainsi la souffrance non seulement sur nous-mêmes, mais aussi sur ceux qui nous entourent.

Le cœur de l'enseignement du Bouddha consiste, au contraire, à voir "l'état réel des choses" : on appelle cela la Vue juste. La Vue juste est une vue qui embrasse tout, car le rôle des enseignements spirituels est d'offrir une vision complète de la nature de l'esprit et de la réalité. Il est dit que les enseignements produisent deux effets : premièrement éliminer l'ego et deuxièmement, développer la sagesse du discernement, la connaissance de ce qui est juste et adéquat. C'est pourquoi il est absolument indispensable d'acquérir une solide compréhension des notions de base des enseignements. Cela seul apportera un souffle de bon sens et de sagesse dans notre confusion, et parviendra à dissiper la souffrance causée par les vues erronées.

Bien entendu chacun est différent : certains ont besoin de plus de temps que d'autres pour entendre véritablement l'enseignement, pour que quelque chose se produise au plus profond de leur cœur et de leur esprit. Mais, lorsque cela se produit, vous faîtes vraiment l'expérience d'une Vue. Alors, quelles que soient les difficultés que vous ayez à affronter, vous y ferez face avec sérénité, stabilité et compréhension,  et vous découvrirez en vous un mécanisme interne à l'œuvre - un "transformateur intérieur" pour ainsi dire - qui vous protègera des vues erronées dont vous pourriez être la proie. Dans cette vue, vous aurez découvert le "guide de sagesse" qui est en vous, toujours prêt à vous conseiller, à vous soutenir et à vous rappeler la vérité. La confusion s'élèvera toujours, ce qui est bien normal, mais vous constaterez une différence capitale : vous ne vous y attacherez plus aveuglément et de façon obsessionnelle, vous la regarderez avec humour, perspective et compassion.

Examinons maintenant les vues erronées de manière plus approfondie. En fait, beaucoup de gens ne possèdent pas cette base solide dans les enseignements, sans laquelle nous pouvons aisément nous laisser persuader de presque n'importe quoi. Une fois convaincu de la véracité d'une chose fausse, nous ne cessons d'alimenter nuit et jour nos convictions erronées de doutes, de déformations et d'idées fausses, pour nous prouver sans arrêt que nous avons raison. Chaque fois que nous ne comprenons pas quelque chose, ou que nous sommes dans un état d'esprit négatif, nous tentons de trouver des raisons pour justifier notre confusion et notre négativité. Comme un avocat qui a perdu la raison, nous ressassons de façon obsessionnelle nos arguments pour faire pencher la balance en notre faveur, en supprimant toute autre explication...  et surtout la vérité.

Bientôt nous ne fréquentons plus que les gens qui alimentent nos convictions erronées. Car bien que nous paraissions ouverts, nous ne pouvons pas nous permettre de prendre le risque d'être exposés à d'autres points de vue, et de toute façon, notre fierté nous empêcherait d'admettre que nous puissions être dans l'erreur. Notre mémoire devient sélective, ne choisissant parmi les souvenirs que la tristesse, la douleur et la confusion, et effaçant tout ce qui serait enrichissant ou constructif, ou qui pourrait nous conduire au bonheur ou à la vérité.

A ce stade, nos vues et nos convictions erronées ont acquis un pouvoir et une énergie propres, et nous avons perdu la capacité de reconnaître la vérité, même si elle nous regarde dans les yeux ou si elle frappe à notre porte. Nous sommes enfermés dans un cycle sans fin d'autodestruction, rejetant et détruisant systématiquement tout ce qui est positif ou présente un réel intérêt, car cela compromettrait le fragile édifice bâti par l'ignorance et l'ego. Combien d'entre nous tournent ainsi le dos toute leur vie aux occasions les plus précieuses qui peuvent se présenter au cours d'une existence, niant tout ce qui est bon et utile et préférant tout ce qui est destructeur et néfaste, et attirant ainsi la souffrance comme un aimant ? Enfermés dans la prison que nous avons nous-mêmes créée, nous ne pouvons que nous plaindre de notre impuissance et de l'abandon où nous sommes, rejetant le blâme sur les circonstances, la vie ou les autres.

Pourquoi les choses se passent-elles ainsi ? La question est très complexe et les raisons nombreuses. Bien sûr, cela peut être le souvenir lointain d'une expérience traumatisante de notre enfance, à demi enfouie, qui émerge soudain, se mêle et se confond avec la réalité présente. Ou bien, sans raison apparente, nous nous trouvons abruptement aux prises avec une crise psychologique apparemment dénuée de toute logique. Il arrive aussi que découvrant la vérité sur nous-mêmes, soudainement reflétée par le maître ou les enseignements, il nous est tout simplement trop difficile de l'affronter, trop terrifiant de la reconnaître, trop douloureux de l'accepter comme étant notre propre réalité. Cette vérité, nous la nions, nous la rejetons dans une tentative absurde et désespérée de nous défendre de nous-mêmes, de nous défendre de la vérité de ce que nous sommes vraiment. Lorsque ces révélations sur nous-mêmes sont trop fortes ou trop difficiles à accepter, par arrogance et vanité, nous refusons de les reconnaître et les projetons sur le monde qui nous entoure - de préférence ceux qui nous soutiennent et nous aiment le plus : le maître, les enseignements, nos parents ou notre meilleur ami.

Comment parvenir à enfoncer le solide bouclier qui constitue ce système de défense ? La meilleure solution est de reconnaître par nous-mêmes que nous nous laissons abuser par nos propres illusions. J'ai constaté comment, pour de nombreuses personnes,  un aperçu de la vérité, de la vue juste, peut faire s'effondrer instantanément l'incroyable édifice des vues erronées fabriquées par l'ignorance.

Cela est cependant très, très difficile. Plus nous nous réfugions à l'abri de nos vues erronées, moins nous laissons de chance à une transformation de se produire. Nous sommes parfois tellement bloqués dans nos petits mondes personnels de souffrance émotionnelle et psychologique que, même si nous nous tournons vers la spiritualité ou la thérapie, celles-ci, au lieu de nous apporter la liberté et la purification, se trouvent neutralisées, embrigadées par l'ignorance et finissent par devenir des armes que nous retournons contre nous. Si nous admettons qu'elles sont "utiles", ce n'est que dans la mesure où elles nous "aident" à reproduire et à prolonger les scénarios de nos illusions. Mais elles ne peuvent véritablement nous aider que si nous reconnaissons ou admettons que nous faisons fausse route.

En suivant les enseignements et en pratiquant, nous allons inévitablement découvrir certaines évidences qui nous concernent : les pièges où nous tombons toujours ; nos stratégies et nos scénarios habituels, héritage de notre karma négatif, qui se répètent et se renforcent indéfiniment ; nos façons si personnelles de voir les choses, ces explications éculées, rebattues et tout à fait erronées sur nous-mêmes et le monde, que nous tenons pour authentiques et qui, de ce fait, déforment notre vision de la réalité. Si nous persévérons sur le chemin spirituel et que nous nous observons avec honnêteté, peu à peu va se faire jour en nous le fait que toutes nos perceptions ne sont qu'un tissu d'illusions. Le simple fait de reconnaître notre confusion, même si nous sommes incapables de l'accepter complètement, peut apporter une lueur de compréhension et déclencher en nous un processus nouveau, un processus de guérison.

Notre esprit peut être merveilleux, mais il peut être aussi notre pire ennemi. Il nous cause tant de problèmes. Parfois, j'aimerais que l'esprit soit comme un dentier qu'on pourrait ôter et poser la nuit sur sa table de chevet. Cela nous permettrait au moins de nous reposer de ses mauvais tours. Mais voilà, nous sommes tellement à la merci de notre esprit, que même si les enseignements touchent en nous une corde sensible et nous émeuvent au-delà de toute expérience, nous refusons d'aller de l'avant, retenus par quelque inexplicable attitude soupçonneuse, profondément enracinée. A un moment donné, il nous faut pourtant mettre un terme à ce manque de confiance. Il nous faut abandonner doutes et soupçons qui sont censés nous protéger, mais qui sont totalement inefficaces et finissent par nous apporter davantage de souffrance, cette souffrance dont ils étaient supposés nous défendre.

Lorsque nous nous sentons dans un état d'esprit négatif, il est bien plus naturel de douter que de croire. D'un point de vue bouddhiste, le doute est le signe d'un manque de compréhension et d'éducation spirituelle ; mais le doute est aussi considéré comme un catalyseur dans le processus de maturation de la foi. C'est lorsque nous faisons face au doute et aux difficultés que nous découvrons si notre foi est une foi simpliste, pieuse et conceptuelle, ou si elle est forte, stable et ancrée dans une profonde compréhension du cœur. Si vous avez la foi, tôt ou tard, elle sera mise à l'épreuve ; mais quel que soit le défi, qu'il vienne de vous ou de l'extérieur, il fait simplement partie du processus de la foi et du doute.

Imaginez que vous ne vous soyez jamais lavé de votre vie et que vous décidiez un beau jour de prendre une douche. Vous commencez par bien vous frotter et vous voyez avec horreur la saleté sortir par tous les pores de votre peau et couler sur tout votre corps. Quelque chose ne va pas ! Vous étiez censé devenir propre, mais tout ce que vous voyez, c'est la crasse ! Vous paniquez et sortez précipitamment de la douche, convaincu que vous n'auriez jamais dû y entrer. Mais tout ce que vous aurez obtenu, c'est d'être encore plus sale qu'avant. Vous ne pouvez pas savoir que le plus sage est de s'armer de patience et de terminer sa douche. Pendant un moment, vous aurez l'impression de devenir encore plus sale, mais si vous continuez à vous laver, vous allez en ressortir frais et propre. C'est tout un processus qui est en jeu, le processus de purification.

De la même façon, lorsque de menus obstacles se manifestent sur la voie spirituelle, un bon pratiquant ne perd pas la foi et ne se met pas à douter, car il possède le discernement qui permet de reconnaître toutes les difficultés pour ce qu'elles sont, c'est à dire de simples obstacles, rien de plus. Il est dans la nature des choses qu'un obstacle, une fois reconnu pour ce qu'il est, cesse par là d'en être un. Mais si on ne reconnaît pas un obstacle tel qu'il est, on le prend au sérieux, ce qui lui donne force et solidité, et en fait ainsi un blocage réel.

Quel que soit le doute qui s'élève, regardez-le simplement comme un obstacle, reconnaissez en lui la manifestation d'une compréhension qui a besoin d'être clarifiée et débloquée : sachez qu'il ne s'agit pas là d'un problème fondamental, mais simplement d'une étape dans le processus de purification et d'apprentissage. Laissez le processus se poursuivre et parvenir à son terme sans jamais perdre confiance ni détermination. Telle est la voie suivie par les grands pratiquants du passé, qui avaient l'habitude de dire : "Il n'est pas de meilleure armure que la persévérance."

Les enseignements nous apprennent ce qu'il nous faut réaliser, mais nous devons aussi suivre notre propre cheminement afin de parvenir à une réalisation qui nous soit personnelle. Ce cheminement peut nous faire traverser toutes sortes de souffrances, de difficultés et de doutes, qui vont devenir nos plus grands maîtres. Ainsi allons-nous apprendre l'humilité nécessaire pour reconnaître nos limites ; ainsi allons-nous découvrir la force intérieure et le courage dont nous avons besoin pour renoncer à nos vieilles habitudes et à nos idées préconçues, et nous ouvrir à la vision plus vaste de la véritable liberté que nous offrent les enseignements spirituels.

Il nous faut donc constamment apprécier à sa juste valeur l'œuvre subtile de l'enseignement et de la pratique, et persévérer calmement et patiemment, même si aucun changement extraordinaire ou spectaculaire ne se produit. L'important, c'est de manifester à l'égard de soi-même habileté et douceur, ne pas se laisser aller au découragement, ne pas renoncer, mais faire confiance à la voie spirituelle, tout en sachant qu'elle possède ses lois et sa dynamique propres.

Plus que tout, il nous faut nourrir notre vrai soi -ce que nous pourrions appeler notre nature de bouddha : en effet, nous commettons bien souvent l'erreur fatale de nous identifier à notre confusion, et de l'utiliser ensuite pour nous juger, nous condamner, et alimenter ainsi ce manque d'amour de soi dont tant d'entre nous souffrent de nos jours. Il est essentiel de résister à la tentation de porter un jugement sur nous-mêmes et sur les enseignements ; nous devons plutôt percevoir notre situation avec humour et réaliser qu'en ce moment, c'est un peu comme si de nombreuses personnes cohabitaient en nous. Et il est encourageant de constater que si en un sens, nous avons tous apporter nos énormes problèmes sur la voie spirituelle, ce sont peut-être eux en fait qui nous ont conduits à découvrir les enseignements  et d'un autre point de vue, ces problèmes ne sont finalement pas aussi réels, solides et insurmontables que nous le croyions.

Pour continuer d'avancer sur la voie spirituelle, il nous faut relever de nombreux défis et nous avons beaucoup à apprendre. Nous devons découvrir comment déjouer les obstacles et les difficultés ; comment traiter les doutes et démasquer les vues erronées ; comment trouver l'inspiration quand nous nous y sentons le moins disposés ; comment nous comprendre à travers nos états d'âme ; comment travailler véritablement avec les enseignements et les pratiques et les intégrer dans notre vie quotidienne ; comment susciter la compassion et la mettre en pratique ; et comment transformer notre souffrance et nos émotions.

Sur la voie spirituelle, nous avons tous besoin du soutien et des bonnes fondations que donne la connaissance véritable des enseignements, et l'on ne saurait trop insister sur ce point. En effet, plus nous étudierons et pratiquerons, plus le discernement, la clarté et une vision profonde s'exprimeront en nous. Alors, quand la vérité viendra frapper à notre porte, nous la reconnaîtrons avec certitude et nous lui ouvrirons avec joie, car nous aurons deviné qu'elle pourrait bien être... la vérité de ce que nous sommes vraiment.

Tiré de "The Future of Buddhism" de Sogyal Rinpoché, avec l'aimable autorisation de Rider Books, Ebury press ; édition française : "L'Avenir du Bouddhisme", éditions de la Table Ronde, Paris 2003.

 

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30/09/2013

Vue juste, vues erronées

 

 

Vue juste, vues erronées

 

Histoire tirée de View, le journal de RigpaSogyal Rinpoché

 

Un jour, le Bouddha conta l'histoire d'un jeune marchand, marié à une très belle femme et père d'un petit garçon.

Or sa femme vint à tomber malade et mourut ; l'homme reporta alors toute son affection sur l'enfant, qui devint son unique source de bonheur et de joie.

Un jour que ses affaires l'avaient éloigné de chez lui, une bande de brigands mit le village à feu et à sang et enleva son fils alors âgé de cinq ans. A son retour, il fut anéanti par un immense chagrin devant le désastre survenu en son absence. Dans les décombres, il découvrit les restes calcinés d'un petit enfant que, dans son désespoir, il prit pour le cadavre de son fils. S'arrachant les cheveux, se frappant la poitrine, il pleurait sans pouvoir surmonter sa douleur. Finalement, il procéda à la cérémonie de crémation et recueillit les cendres dans une petite bourse de soie précieuse. Qu'il travaillât, dormît ou mangeât, il portait constamment les cendres sur lui. Souvent, s'asseyant à l'écart, il pleurait des heures durant.

Un jour, son fils parvint à s'échapper et retrouva le chemin du village. Il était minuit lorsqu'il atteignit la maison de son père et frappa à la porte.

L'homme était couché et sanglotait, le sac de cendres à ses côtés. " Qui est là ? " demanda-t-il. L'enfant répondit : " C'est moi, papa, c'est ton fils. Ouvre la porte. " Dans son angoisse et sa confusion, le père pensa qu'un mauvais plaisant lui jouait un tour cruel. " Va-t'en, cria-t-il, laisse-moi tranquille ! " Puis il se remit à pleurer. A plusieurs reprises, le garçon frappa à la porte, mais le père persista dans son refus de le laisser entrer. Finalement, l'enfant fit demi-tour et s'éloigna lentement. Père et fils ne se revirent jamais.

 

A la fin de l'histoire, le Bouddha ajouta : " Parfois, dans un certain contexte, vous prenez quelque chose pour la vérité. Si vous vous attachez obstinément à cette opinion, la vérité viendrait-elle en personne frapper à votre porte, vous ne lui ouvririez pas. "

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19/09/2013

Bokuden et ses trois fils #3

Cette histoire très connue est tirée pour ma part,  "des Contes et récits des arts martiaux de Chine et du Japon " (Albin Michel - 1984 )

 

 

Bokuden, grand Maître de sabre, reçut un jour la visite d'un confrère.

Pour présenter ses trois fils à son ami, et montrer le niveau qu'ils avaient atteint en suivant son enseignement, Bokuden prépara un petit stratagème : il cala un vase sur le coin d'une porte coulissante, de manière à ce qu'il tombe sur la tête de celui qui entrerait dans la pièce.

Tranquillement assis avec son ami, tous deux face à la porte, Bokuden appela son fils aîné.

Quand celui-ci se trouva devant la porte, il s'arrêta net. Après avoir entrebâillé la porte, il décrocha le vase avant d'entrer. Refermant la porte derrière lui, il replaça le vase avant d'aller saluer les deux Maîtres. " Voici mon fils aîné, dit Bokuden en souriant, il a déjà atteint un bon niveau et est en voie de devenir Maître."

Le second fils fut appelé. Il fit coulisser la porte et commença à entrer. Esquivant de justesse le vase qu'il faillit recevoir sur le crâne, il réussit à l'attraper au vol. " C'est mon second fils, expliqua-t-il à l'hôte, il a encore un long chemin à parcourir ".

Quand ce fut le tour du fils cadet, celui-ci entra précipitamment et reçut lourdement le vase sur le cou. Mais avant que le vase ne touche les tatamis, il dégaina son sabre et le cassa en deux. " Et celui-là, reprit le Maître, c'est mon fils cadet. C'est un peu la honte de la famille, mais il est encore jeune. "

 

autre lien sur Tsukahara Bokuden (1490-1572)(en anglais)

autre

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